Poésie : La descente

La descente

La descente

Tu descends
Dans le labyrinthe
Tu es brûlé de feu
Morsure vénéneuse de magie noire
Tu descends plus profond
L’aiguillon du scorpion qui te perce les mollets
Tu es la cicatrice ouverte
La rumeur muette d’un alchimiste usé
Sorcier du verbe oublié
Tu descends
Dans le meurtre du jour
Tes mains tremblent si fort
L’horreur t’habite
La culpabilité te ronge
Et l’heure se fait ténébreuse
Quand soudain tu trébuches
Sous l’élan ralenti
« Cruel inconnu,
Où êtes-vous ? »

Des larmes embrasent tes yeux rougis
Tu te relèves.

Tu attends ton châtiment
Avec mollesse
Le parfum âcre de la miséricorde
Mais voilà le terrible griffon
Dans un fracas étourdissant
Terreur de tous tes rêves
Et le froid saisit tes reins
Par sa bouche l’illusion s’envole
Ses grognements viennent se briser à tes pieds
Tu es pétri d’effroi
Tu t’évanouis comme si tu mourais.

La mémoire te revient
Et tu avances lentement
La descente est sans fin
Ton corps est plus lourd que le mensonge
Et la terre est infecte
« Lumière,
Où es-tu ? »

Enfin tu es
Nu
Sous l’astre laiteux
Et tes os craquent sous la fatigue
Tu accueilles les oiseaux de solitude
Les bras grelottant
Mais tes jambes
S’enfoncent
Dans la tourbe éventrée
Toujours plus bas les serpents sifflent
Les tourments pleuvent en ombre
Tu descends
Dans les âges vieillis
Le dégoût des faux-semblants
La pulpe boueuse des regrets
Vice et avarice
« O justes,
Où êtes-vous ? »

Plus rien ne répond
Dans la chair
Plus rien
Et le calme des ténèbres…
Descendre si loin dans les passions
Descendre au creux du désespoir
Descendre ton âme au fond de la brèche
Et goûter l’impiété dans la chute sourde
« Étoiles,
Où êtes-vous ?

Extrait du recueil Les sortilèges de Mercure.
Qu’en pensez-vous ?

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