Test de la page 99 : L’enfant du Soleil

« Ouvrez un livre à la page 99, et la qualité de l’œuvre vous apparaîtra. » La citation est attribuée à l’écrivain et poète Ford Madox Ford.

Pourquoi précisément la page 99, demanderez-vous ?
Parce qu’aucun auteur ou éditeur ne porte attention à cette page comme il le fait pour la première page de son livre (couverture) ou pour sa présentation en quatrième de couverture.
Donc, si elle est bonne cette fameuse page 99, il y a plus de chances que le reste du livre le soit aussi.
L’idée peut paraître farfelue mais elle n’est pas absurde.
En cette période où les librairies débordent de titres que je qualifierais de « médiatiques » pour la plupart, comment évaluer notre envie d’acheter ou de lire un livre inconnu ? Le plus souvent, en lisant ses premières lignes.
Seulement, les écrivains se surpassant souvent dans les première pages pour capter l’attention du lecteur, celles-ci ne peuvent garantir la qualité de ce qui va suivre. Ainsi un livre qui démarre très fort peut très bien s’avérer creux, ennuyeux, écrit avec les pieds, au bout de quelques pages.
On ne peut alors juger l’œuvre que sur sa qualité d’écriture, sur l’ambiance qui se dégage de cette unique fenêtre sur le livre. Stimulant.

Pourquoi la page 99 ? Généralement, on se situe au premier tiers du roman et à cet endroit, les personnages et l’histoires sont bien posés, ancrés, le rythme est lancé.

Du coup, évidemment, on ne peut s’empêcher de faire nous aussi le test avec les livres qui nous tombent sous la main. Je suis certain que vous allez essayer, n’est-ce pas ?

Et là, je pense à mes bouquins, of course ! Je tremble, j’hésite…

Et si l’on découvrait ensemble la page 99 du roman L’enfant du Soleil ? Ça vous tente ?

Bon, je me lance à l’eau, vous me direz votre avis après, ok ?

   « Quarante-huit heures s’étaient écoulées depuis que Maud avait été mordue par le serpent. Depuis, grâce à Caleb, cet inconnu surgi de nulle part, la blessure s’était apaisée et elle retrouvait peu à peu ses esprits et ses forces.

   Cependant, elle demeurait encore faible et il lui fallait du repos et des soins appropriés.

  Tandis que Lukàs veillait tant bien que mal sur la jeune femme, Caleb éteignit le feu et nettoya le campement tellement rapidement et de manière si organisée que cela aurait impressionné n’importe quel chef d’armée.
Ils se mirent en route, Caleb tranchant de sa machette tout obstacle en travers de leur route. Alors que Maud et Lukàs demeuraient perdus sans leurs outils électroniques de détection et autres GPS, Caleb s’avançaient dans la forêt avec une aisance déconcertante.
On aurait dit qu’il connaissait chaque arbre, chaque chemin, chaque marécage.
De temps à autre, il s’arrêtait, levant la main gauche en l’air, puis ramassait la terre d’une poigne vigoureuse pour la respirer. Une fois l’humus senti, il se remettait en marche. Lukàs et Maud restaient muets devant cet homme qui les emmenait vers l’inconnu.
Pendant les courtes pauses qu’il effectuait dans la journée, Lukàs ne perdit pas l’occasion de reprendre son carnet pour noter ses impressions. »