Les petits carnets : les petits esprits

Phrase issus des petits carnets : « Les petits esprits voient chez les grands ce qui est précisément à portée de leurs yeux. »

Ou comment créer parfois une tempête dans un verre d’eau !

Je vais parler en particulier de ce que je connais le mieux, c’est-à-dire le milieu des auteurs que je peux côtoyer.

Au départ, j’arrivais la fleur au fusil avec mon ou mes livres, prêt à tout, le sourire accroché sur mon visage tout rond.
J’allais saluer untel avec une assurance presque naïve sans me douter que derrière les masques, derrière la façade, se cachait autre chose.
Ensuite, les mois et les années passant, mon regard s’est aiguisé.
Je devenais de plus en plus circonspect sur cet étrange milieu.
Il y avait ces jalousies maladives, souterraines, larvées entre les auteurs.
Il y a ces petites querelles qui font du bien à l’ego alors que ces mêmes personnes ne « sont pas grand-chose », n’ont pas écrit « grand-chose ». Même si écrire un livre, c’est déjà aller au bout d’un long projet souvent fastidieux, un vrai marathon.
On est d’accord.

Alors, quand on ose dire, mais pas trop fort quand même :

  • qu’on admire tel auteur pour sa prouesse, pour la masse de travail qu’il abat,
  • quand on ose glisser entre deux verres de kir breton (voire kir royal dans les salon de plus grande envergure) que l’on aimerait être édité chez un « grand éditeur »,
  • qu’on aimerait tenter l’expérience des Grands,
  • qu’on aimerait s’élever de la masse, s’élever de l’amateurisme ambiant et des petits regards biaisés alors le ton change, imperceptiblement.

On découvre qu’il ne faut pas « trop rêver », que « l’ambition » n’est peut-être pas très bien placée. En effet, s’il avait fallu que je réussisse, cela aurait été le cas depuis belle lurette, non ?

Bon, vous me direz, ce genre de remarques se retrouve dans tous les milieux professionnels, n’est-ce pas ?

Personnellement, il y a et il y a toujours eu des gens qui m’ont fasciné, qui m’ont montré des voies à suivre. Il y a toujours eu une certaine grandeur qui m’a poussé à avancer, à évoluer, à grandir.
Pourquoi ne pas le dire ?
Pourquoi ne pas vouloir se hisser également un peu plus haut que notre c** ?! Prendre de la hauteur…
Je n’aime pas me suffire de ce que j’ai, c’est vrai. C’est peut-être un défaut mais j’ai un besoin de voir plus grand, de regarder le tableau dans son ensemble plutôt que par le bout de la lorgnette.
Est-ce un mal ?
A dire vrai, je ne fais plus très gaffe. J’avance, même si je doute, même si les petits esprits ne sont pas loin.
J’essaie de faire mon truc, à mon rythme certes et tant mieux si des gens me suivent, je sais que l’on se rejoint, eux et moi…